Chaque année, l'Autorité des marchés financiers (AMF) ajoute plusieurs centaines d'entités à sa liste noire. Ces acteurs, non autorisés à démarcher des résidents français, sont à l'origine de la quasi-totalité des arnaques à l'investissement et au trading qui nous sont rapportées. Bonne nouvelle : vérifier la légitimité d'un courtier prend moins de deux minutes. Mauvaise nouvelle : cette vérification est rarement faite avant le premier virement.
Chiffres clés
Au 1er janvier 2026, la liste noire AMF compte 1 218 entités. 95 % des dossiers « arnaque trading » que nous traitons concernent un broker de cette liste ou un broker offshore équivalent.
Qu'est-ce que la liste noire AMF ?
La liste noire de l'AMF recense les sites et entités identifiés comme proposant des services d'investissement sans autorisation en France. Contrairement à une idée reçue, y figurer ne signifie pas automatiquement qu'une fraude est prouvée : cela signifie que l'acteur exerce une activité réglementée sans l'agrément requis. En pratique, c'est un signal extrêmement fort.
L'AMF alimente sa liste grâce aux signalements d'épargnants, à sa propre veille et à la coopération avec les régulateurs étrangers. Elle est actualisée environ chaque semaine. La plupart des inscriptions sont définitives - les très rares radiations concernent des entités ayant obtenu un agrément après coup.
La méthode de vérification en 5 étapes
- Étape 1 - Ouvrir le site officiel abe-infoservice.fr, service commun AMF / ACPR.
- Étape 2 - Aller dans « Protéger son épargne » puis « Les listes noires et mises en garde ».
- Étape 3 - Rechercher le nom du courtier, son site web, et son numéro de téléphone de démarchage. Chacun de ces éléments peut être listé séparément.
- Étape 4 - Vérifier également sur le REGAFI (regafi.fr), registre officiel des prestataires de services d'investissement autorisés en France. Toute société sérieuse y figure.
- Étape 5 - Si le courtier se réclame d'un agrément étranger (FCA UK, CySEC Chypre, BaFin Allemagne), vérifier directement sur le site du régulateur concerné.
Les pièges classiques à éviter
Certains courtiers frauduleux utilisent des techniques sophistiquées pour masquer leur absence d'agrément. Voici les trois plus répandues.
1. L'agrément « Saint-Vincent »
Saint-Vincent-et-les-Grenadines n'exerce aucun contrôle effectif sur les sociétés qu'il immatricule. Un broker qui s'y enregistre n'est soumis à aucune obligation de séparation des fonds clients, de reporting ou d'anti-blanchiment. C'est de loin la juridiction de complaisance la plus utilisée : environ 70 % des brokers que nous poursuivons y sont domiciliés.
2. Le « passeport européen » mensonger
Certains brokers affichent un passeport européen (MiFID) obtenu via un pays ayant des contrôles légers, puis démarchent en France sans notifier l'AMF. Le passeport existe, mais son usage est illégal. Vérifiez systématiquement sur le REGAFI : si le broker n'y apparaît pas en « libre prestation de services », il n'est pas autorisé à démarcher en France.
3. Le clone d'une entité légitime
Des escrocs copient le site web d'un broker légitime sur une URL très proche (ex: « trade-alpari.com » au lieu de « alpari.com »). L'agrément affiché est réel... mais il appartient à l'original. Vérifiez toujours le domaine exact dans la barre d'URL, et comparez le numéro d'agrément avec celui publié sur le registre.
Que faire si vous avez déjà investi chez un broker blacklisté ?
Si vous avez déjà effectué un ou plusieurs virements, agissez vite. Le délai utile de rappel SEPA est de 10 jours ouvrés. Passé ce délai, les leviers se déplacent vers la mise en cause de votre banque (devoir de vigilance) et la saisie conservatoire européenne. La figuration du broker sur une liste noire officielle constitue une preuve aggravante majeure dans ces procédures.
Ne payez aucune « taxe de déblocage »
Si un broker bloqué vous demande de payer des frais fiscaux ou des commissions supplémentaires pour « libérer » vos gains, c'est une arnaque dans l'arnaque. Aucun frais supplémentaire ne doit être versé. Contactez-nous avant tout nouveau paiement.
La vérification, c'est en 2 minutes. La récupération, c'est 6 mois.
Le message central est simple : vérifier un broker sur REGAFI et abe-infoservice.fr prend moins de temps qu'un café. Confier 10 000, 50 000 ou 200 000 euros à un acteur sans cette vérification, c'est se priver d'une protection gratuite et instantanée. Et si vous avez été victime, sachez que la récupération reste possible dans la majorité des cas - nos avocats obtiennent une issue favorable dans 88 à 91 % des dossiers « broker non régulé ».