Guide pratique

Récupérer un prêt souscrit sous influence d'une arnaque : guide complet

30 % de nos clients ont souscrit un prêt pour financer l'arnaque dont ils ont été victimes. Le contrat peut être annulé sur le fondement du dol - et la banque prêteuse mise en cause.

Équipe juridique Recours Arnaques · Rédaction
Relu par Me René Boumel , avocat au Barreau de Paris
29 avril 2026 5 min de lecture

Situation malheureusement fréquente : encouragé par un faux conseiller, un « coach en investissement » ou un love scammer, vous avez contracté un prêt personnel ou un crédit revolving pour « maximiser » les sommes investies dans l'arnaque. Après avoir perdu les fonds, vous devez continuer à rembourser. Cette situation n'est pas inéluctable - le droit offre des leviers précis.

Pourquoi le prêt peut être annulé

Le fondement juridique principal est l'article 1137 du Code civil, qui sanctionne le « dol » : manœuvres trompeuses par lesquelles une partie obtient le consentement de l'autre. Lorsque le consentement au prêt a été déterminé par les manipulations de l'escroc, la nullité du contrat est encourue. Le délai pour agir est de 5 ans à compter de la découverte du vice (art. 2224 Code civil).

Effet concret

Si le contrat de prêt est annulé, les parties sont remises dans l'état initial : vous n'êtes plus tenu aux remboursements futurs, et les sommes déjà versées doivent vous être restituées. Les intérêts perçus par la banque sont également remboursables.

Le levier complémentaire : la responsabilité de la banque prêteuse

La banque qui accorde un prêt a un devoir de conseil et un devoir de vérification de la cohérence de l'opération avec la situation financière et les objectifs du client. Ces obligations sont renforcées pour les crédits à la consommation et les prêts personnels.

Quand un client déclare emprunter pour « investir » ou « optimiser sa trésorerie » et que le prêt est immédiatement transféré vers un bénéficiaire tiers à l'étranger, la banque aurait dû alerter. Son inaction peut engager sa responsabilité au titre du manquement à son devoir de mise en garde.

Les 4 étapes de l'action

  1. Arrêt des remboursements en cours : à discuter avec votre avocat. Dans certains cas, il est pertinent de suspendre les remboursements en informant la banque par lettre recommandée avec AR (attention, risque de fichage FICP si non orchestré par un avocat).
  2. Constitution du dossier de dol : preuves de la manipulation (échanges avec l'escroc, promesses de rendements, documents contractuels), chronologie, lien causal entre l'influence subie et la signature du prêt.
  3. Assignation en nullité du contrat de prêt + mise en cause de la responsabilité de la banque prêteuse. Les deux actions sont menées parallèlement dans la même procédure.
  4. Négociation ou jugement : dans 40 % de nos dossiers, la banque propose un accord amiable (annulation du prêt + remboursement partiel des échéances déjà payées) pour éviter la condamnation publique.

Cas typiques traités

Crédit consommation de 30 000 € souscrit sur conseil d'un faux courtier crypto : annulation obtenue en 8 mois, restitution de 12 000 € d'échéances déjà payées. Prêt revolving de 15 000 € pour financer un « plan patrimonial » d'un faux gestionnaire : annulation + mise en cause du prêteur pour octroi fautif, issue favorable en 6 mois.

Délai critique

Agissez dès la découverte de l'arnaque. Continuer à rembourser sans contester peut être interprété comme une acceptation tacite du contrat. Un courrier formel à la banque, rédigé par un avocat, protège vos droits.

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