Crypto

Recovery scam : reconnaître l'arnaque après l'arnaque en 2026

Une victime sur trois est recontactée par un faux « cabinet de récupération » qui exige des frais d'avance. Voici les 7 signaux qui distinguent un vrai recours d'une arnaque secondaire.

Équipe juridique Recours Arnaques · Rédaction
Relu par Me René Boumel , avocat au Barreau de Paris
25 mai 2026 5 min de lecture

Quelques semaines après avoir été victime d'une arnaque à l'investissement ou au trading, une part importante des épargnants reçoit un appel ou un email d'un soi-disant « expert en récupération de fonds ». Cet interlocuteur connaît étonnamment bien votre dossier, parle juridique, propose une procédure express… contre paiement immédiat de « frais administratifs » ou d'une « taxe de déblocage ». Cette pratique a un nom : le recovery scam. Et dans la quasi-totalité des cas, il s'agit d'une seconde arnaque opérée par les mêmes réseaux que la première.

Chiffres clés

Selon les signalements 2025 reçus par notre cellule, environ 30 % des victimes d'arnaque trading ou crypto sont recontactées par un faux cabinet de récupération dans les 90 jours suivant le préjudice initial. Le ticket moyen demandé en « frais d'avance » est de 2 800 €, mais peut grimper à 15 000 € pour les dossiers à fort enjeu.

Pourquoi cette seconde arnaque fonctionne

Les opérateurs d'arnaques financières revendent ou recyclent les listes de victimes. Le profil est idéal : la personne a déjà fait virer plusieurs milliers d'euros à un inconnu sur Internet, elle est désormais désespérée de récupérer ces fonds, et son discernement est altéré par le stress. Le recovery scammer connaît exactement quel broker l'a arnaquée, quel montant a été perdu, et sur quelle banque les virements ont été émis. Cette précision crée une fausse crédibilité immédiate.

L'argumentaire-type est rodé : « Nous travaillons avec un huissier international », « Nous avons un partenariat avec Interpol », « Le tribunal de Chypre a déjà saisi les fonds, il ne reste qu'à payer la taxe de déblocage ». Aucune de ces affirmations n'est vérifiable, et toutes sont fausses. Ni Interpol ni les huissiers ne fonctionnent sur cette base, et aucune juridiction au monde ne demande à la victime de payer pour récupérer ses propres fonds bloqués.

Les 7 critères qui caractérisent un recovery scam

  1. Frais d'avance demandés - le critère numéro 1. Un vrai cabinet d'avocats peut demander des honoraires, mais jamais avant un rendez-vous, jamais en cryptomonnaie, et jamais sous prétexte de « taxe de déblocage » ou « frais Interpol ». Les avocats inscrits au barreau sont tenus par la déontologie : règlement par chèque ou virement à un compte CARPA.
  2. Promesse de récupération à 100 % ou « garantie de résultat ». Aucun professionnel sérieux ne garantit le résultat - c'est même interdit par la déontologie des avocats (art. 10.2 RIN). Tout discours du type « nous récupérons 100 % de votre argent en 30 jours » est un signal d'alarme absolu.
  3. Absence de Kbis ou immatriculation récente (< 6 mois). Recherchez la société sur infogreffe.fr ou pappers.fr. Si l'entité n'existe pas, ou si elle a été créée il y a moins de 6 mois avec un capital social symbolique (1 € ou 100 €), c'est une coquille vide.
  4. Site web créé récemment et contenu générique. Vérifiez l'âge du domaine sur whois.com ou hostingchecker.com. Un cabinet juridique sérieux a un site avec plus de 2 ans d'historique, des biographies d'avocats avec photos vérifiables sur LinkedIn, et des mentions légales complètes (RCS, n° barreau, adresse physique).
  5. Pas d'adresse physique vérifiable. Une vraie société a un siège social que vous pouvez voir sur Google Maps. Si l'adresse renvoie à une boîte aux lettres ou un coworking, ou si elle se trouve à l'étranger (Londres, Genève, Dubaï) alors que l'interlocuteur parle français, c'est suspect.
  6. Contact uniquement par WhatsApp / Telegram / numéro mobile. Un cabinet d'avocats reçoit ses clients dans des bureaux. Si toute la communication passe par messageries chiffrées et numéros mobiles, sans email professionnel sur un domaine corporate, c'est une arnaque.
  7. Pression temporelle artificielle. « Il faut agir aujourd'hui, sinon les fonds seront définitivement perdus. » « Le tribunal ferme dans 48h. » Aucune vraie procédure de récupération ne fonctionne sur cette urgence. C'est un classique de la manipulation : forcer la décision sans temps de vérification.

Comment vérifier un vrai cabinet en 2 minutes

Trois sources de vérification rapides et gratuites suffisent à écarter la quasi-totalité des recovery scams. D'abord, l'annuaire du Conseil national des barreaux (cnb.avocat.fr) : tout avocat français y figure avec son numéro, son barreau d'inscription et son adresse professionnelle. Ensuite, le registre Pappers ou Infogreffe pour vérifier que la société existe depuis plus de 2 ans avec un capital social cohérent. Enfin, une recherche Google du nom du cabinet + « avis » ou « arnaque » : si plusieurs forums alertent déjà, le doute est levé.

Ne payez jamais d'avance, même 100 €

Les arnaqueurs ajustent désormais leurs demandes : certains démarrent par un « petit forfait administratif » de 95 € à 250 € pour rassurer, puis enchaînent avec une demande beaucoup plus élevée une fois le pied dans la porte. La règle est simple et sans exception : pas un centime avant un rendez-vous physique ou visio vérifié avec un avocat inscrit au barreau, sur ses coordonnées officielles.

Le bon modèle économique : honoraires au succès

Un vrai cabinet spécialisé en récupération de fonds après arnaque fonctionne au succès : il étudie gratuitement le dossier, ouvre la procédure à ses frais (timbres, expertise, mise en demeure), et ne se rémunère que sur les fonds effectivement récupérés - typiquement entre 15 % et 25 % HT du montant rapatrié. Si vous ne récupérez rien, vous ne devez rien. Ce modèle aligne les intérêts du cabinet et de la victime, et écarte d'office les opérateurs qui n'ont rien à proposer de tangible.

Sur le marché français, plusieurs cabinets sérieux opèrent sur ce principe, dont Recours Arnaques. Aucun frais n'est demandé à l'ouverture du dossier, aucune avance, aucune « caution ». La rémunération - 20 % HT - n'est due que sur les sommes effectivement remboursées par la banque, l'assurance ou l'escroc lui-même. Si vous avez été contacté par une structure réclamant des frais d'avance, ne payez rien et signalez immédiatement le numéro à info-escroqueries.gouv.fr.

#recovery scam #arnaque secondaire #frais avance #Kbis #crypto #vérification

Vous êtes concerné par ce type d'arnaque ?

Dépôt de dossier gratuit, réponse d'un avocat sous 48 h. Honoraires uniquement en cas de récupération effective.

Évaluer mon dossier gratuitement